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Publié par dxontheearth

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Salut à tous les visiteurs de cette galerie ! Je vous propose de vivre un peu ce voyage, visuellement, avec ces photos. Chacune d'entre elle correspond à une émotion visuelle, a un moment donné, que j'essaie de vous faire partager. Alors faites vous plaisir, prenez votre temps... Choisissez un pays à gauche, ou bien jetez un oeil à l'album de photos ferroviaires. A consommer et partager sans modération !

(Malheureusement, la visualisation des albums fonctionne bien mieux avec Microsoft internet Explorer...)

Hie my friends, all of you, virtual travellers... Even if you're not on the road by my side, you can fell some good visual emotions, thanks to this galery, or maybe remember some good time we had together ? Just choose a country, or have a look to the raylway album, and have a nice trip...
Enjoy yourselves !

(Unfortunately, watching the albums works much better vith Microsoft Internet Explorer...

05:27 - 26/03/2020 - commentaires {0}

From Shiraz to Zahedan (Part1/2)

Publié par dxontheearth

(...) Shiraz, ville en ebullition depuis le debut de Norooze, que je quitte l'esprit libre, mon extention de visa en poche, et la satisfaction du devoir du voyageur en régle accompli. Au terminal routier, le sort m'offre de croiser une dernier fois Sahand et sa famille; ils me gavent de sandwichs et de boissons, et me font cadeau d'une boîte géante de patisseries locales que je case tant bien que mal dans mon barda déjà surchargé...

Et oui ! Nous sommes en Iran, début avril 2007, et j'entame la traversée du pays vers l'Est, vers le Pakistan. Je griffonais tous ces évenements une première fois dans un cahier que j'allais perdre quinze jours plus tard à Lahore. A ce moment, plutot que de me décourager, je décidais de sacrifier une après-midi dans un Internet-café, pour vous écrire mon article. Malheureusement, une bête coupure de courant devait réduire à néant des heures de frappe acharnée sur un clavier déglingué, suintant dans l'atmosphère brulante et poisseuse de Lahore... 

Et bien c'est en France, a mes heures perdues entre Villeneuve Triage et Bourg-la-reine, que je l'ai écrit, cet article !  en deux parites (parce que c'était trop long). La seconde partie, l'arrivée a Zahédan, viendra d'ici deux semaines

 

 

Tiens ! Je vais profiter de ce début d'article pour mettre un truc au clair : les noms de certaines personnes dont je parle dans mes billets sont changés. Ben oui ! Il faut dire que j'évolue dans des pays qui ne sont pas toujours folichons-folichons au niveau des droits de l'homme. Des pays où le régime en place, se sentant continuellement menacé (serait-ce dû a l'évidence de leur illégitimité ? Allez savoir...) exerce un contrôle de l'information et des individus assez poussé, si j'ose l'euphémisme. Donc, il m'a semblé assez naturel de brouiller un minimum les pistes, en modifiant non seulement les noms, mais parfois même des détails, que je change complètement (je déborde d' imagination) s'ils me semblent constituer des évidences flagrantes pouvant mettre en cause les gens que je croise sur mon chemin, et que je raconte.

C'est dit !

 

Yazd est l'une des plus vieilles villes du monde, berceau du zoroastrisme, la plus ancienne religion monothéiste de la planète, celle du grand empire Perse d'avant l'invasion Arabe, et de Cirus le Grand. J'arrive en ville sur les coups de 23h, après quelques heures de bus durant lesquelles j'ai eu l'occasion de bien sympathiser avec l'équipage. Le chauffeur parlait parfaitement bien l'anglais (il l'aurait appris lors de sa captivité en Irak durant la guerre avec l'Iran, une histoire étrange qu'il me racontait alors que nous dînions dans la salle des équipages).

Me voici donc dans la rue, je dispose d'un numéro de téléphone pour un hôtel (relevé précédemment dans le Lonely Planet auprès de quelque voyageur), un passager du car m'offre d'appeler avec son mobile. Malheureusement l'établissement est complet et me propose un autre numéro. Entre temps, un chauffeur de taxi m'a repéré, je le fais appeler pour moi. Ça négocie les prix pour la nuit à coup de chiffres tracés dans la poussière du capot de la 405... Apparemment il y a eu mésentente, ou alors c'est le chauffeur de tacot qui m'a baladé, toujours est-il que lorsque j'arrive dans ledit hôtel on m'annonce qu'il n'y a plus aucun lit disponible. Typiquement, c'est l'effet Norouze. Du coup, je vais passer là ma toute première nuit de ce périple à la belle étoile, sur le toit de l'hôtel. Le ciel est rempli d'étoiles, et je m'endors à même le sol, bien au chaud dans mon sac de couchage, veillé dans mon sommeil par la douce lumière bleutée qui enveloppe une grande mosquée à deux pas de là.

La clarté rose de l'aube d'une matinée fraiche me réveille La mosquée me fait l'effet d'un décor de cinéma, puisqu'il s'agit d'une façade imposante, pur style Mille-et-Une-nuits, mais sans aucun bâtiment derrière. A l'intérieur de l'hôtel, je tombe nez-a-nez avec Chris - un voyageur polonais rencontré quelques jours plus tôt, avec qui j'ai visité Persépolis et partagé brièvement une chambre d'hôtel miteux. Nous échangeons quelques propos éloquents sur le hasard des choses, et décidons d'aller prendre un breakfast au Silk-road hôtel tout proche, expressément recommandé par le LP pour sa convivialité. Sur place nous tombons sur Nana, la fameuse suissesse que je rencontrais tantôt à Isphahan et qui me fit un éloge du Pakistan qui, assurément, allait constituer les prémices d'une histoire passionelle avec ce pays. Décidemment, j'en finirai par admettre que le monde is so small, mais je vous dispense du couplet-banalité, parce que ces rencontres à répétitions sont le résultat de l' "effet Lonely-Planet", la bible du voyageur autonome. Dans un pays peu fréquenté par les étrangers et où les infrastructures conçus pour eux sont en conséquence plutôt rar(issim)es, c'est toujours sympathique de retrouver "par hasard" les mêmes personnes, mais de là a disserter sur les "coïncidences" de la vie, il y a un pas qu'il faudrait veiller à ne pas franchir. Bref !

Petit déj' mémorable, donc, avec toujours ce fameux fromage blanc, frais et crémeux que les Iraniens aiment à consommer au petit matin. Nana, Lonely-Planet en main, nous propose - alors que je me gave de fromage- une excursion pour Chack-Chack.

 

 

Chack-chack est au Zoroastrisme ce que La Mecque est à l'Islam. Par ailleurs, il s'agit du plus ancien lieu de pèlerinage et de culte de toutes les religions monothéistes, même si aujourd'hui celle-ci peut-être considérée comme anecdotique au regard du nombre de ses fidèles, vivant majoritairement en Iran et dans l'ouest de l'Inde. Les pratiques témoignent d'un profond respect pour notre mère Nature, si bien que les corps des fidèles morts ne sont ni enterrés, ni incinérés mais offerts à l'appétit des vautours au sommet d'emblématiques "tours du silence".

On se loue un chauffeur de taxi pour la journée, à un tarif à la fois intéressant tant pour lui que pour nous, et hop, c'est parti! Après quelques minutes de route hors de Yazd, nous quittons la chaussée goudronnée pour une piste qui s'enfonce dans le désert. La bagnole n'est pas tout-terrain, ça secoue pas mal, je crains un peu pour le véhicule, mais son propriétaire n'a pas l'air de s'en soucier, et nous avançons donc assez rapidement en soulevant derrière nous un nuage de poussière. Nous évoluons dans un décor aride et assez spectaculaire, genre Far West, pas de dunes de sables mais un milieu très sec sur lequel s'épanouit difficilement une végétation anecdotique, et ça et là, des montagnes de rocaille qui rompent la monotonie du paysage. Finalement, au terme d'une petite heure dans la poussière, nous atteignons notre destination. Le tacot se gare au pied d'une imposante falaise, dans laquelle sont taillés des escaliers qui conduisent aux différents étages du temple, bâtiments à l'allure relativement récente construits sur des terrasses également creusées a même la roche. Nous ne sommes pas les seuls, dans cet endroit pourtant réputé peu touristique. Mais, du fait de Norouze, les vacances nationales iraniennes, ce sont des familles entières que nous trouvons au pied de la montagne. Les vacanciers se détournent pour un moment de leur activité du jour à notre profit : ce n'est pas tous les jours que l'on rencontre un groupe d'étrangers dans ce pays. Ainsi chacun souhaite être photographié à nos côtés, la séance dure un certain temps... Puis, avec notre chauffeur qui semble également profiter agréablement de cette petite sortie en notre compagnie, nous gravissons les marches. Il règne ici une atmosphère de paix profonde que je rencontrerai finalement peu de fois durant tout ce voyage. Les touristes sont très respectueux et relativement discrets, tandis que les fidèles se consacrent à leur mystérieux culte. Il y a des feux qui brûlent dans des cheminées de pierres, closes. Au dernier niveau du temple, un belvédère couvert de tentes à la mode iranienne, offre aux fidèles ou touristes une vue grandiose sur les immensités désertiques, panorama propice a la méditation. D'un point de vue strictement architectural, le complexe n'a rien d'extraordinaire et ne semble pas très ancien. C'est davantage de son histoire et de son implantation au cœur du désert, caché dans une falaise de roche orangée, que le site tire son caractère particulier. Nous ne pénétrerons pas dans les chapelles, mais passerons une bonne heure sur l'une des plates-formes, assis en tailleur sur un tapis, à contempler le désert et déguster quelques tasses de thé que nous offrent des résidents du temple. L'ambiance est guillerette, chacun y va de sa petite plaisanterie ou commentaire malgré l'indigence de l'anglais de nos interlocuteurs... Mais ne dit-on pas que l'important est de participer ?! Nous passons donc tous les quatre, Nana, Chris, le chauffeur et moi, un moment à savourer ce petit air de sérénité qui s'impose ici, et regrettons de ne point avoir prévu quelques vivres et vêtements chauds pour passer la nuit ici, en compagnie des autres campeurs et familles de fidèles.

 

Nous quitterons l'endroit à regret, pressés par notre taxi. Curieusement, le ciel du désert s'est chargé d'épais nuages gris, une averse semble imminente et le chauffeur un peu préoccupé. Sur le chemin du retour, Nana exige une pause pour aller batifoler au milieu d'un troupeau de chèvres broutant du sable. Quant à moi, je dégaine le Minolta et tire quelques portraits du berger-motard. Quand les premières gouttes se font sentir, le driver s'affole brusquement et se met à houspiller Nana qui a pris le large, courant au milieu du troupeau et dispersant les bêtes dans toutes les directions... En une petite demi-heure, le ciel a complètement changé d'aspect, et le désert qui avait l'air si paisible apparaît maintenant hostile, prêt à se refermer à tout moment sur notre petit groupe. Les massifs rocheux ont pris des allures fantomatiques et dessinent dans la brume un horizon ultra-terrifiant, tandis que des éclairs déchirent les nuages et que le tonnerre s'adresse à nous d'une voix quelque peu enrouée. A l'instant même où Nana regagne le véhicule, le ciel se déchaîne pour de bon : début de l'orage de grêle. Sur fond de désert, cette manifestation de la nature toute-puissante a quelque chose de fantasmagorique. Malgré l'essuie-glace qui tourne à pleine vitesse, le chauffeur a bien du mal à suivre la piste, tandis que dans la voiture, nous sommes tous silencieux, hypnotisés par cette démonstration de puissance que nous offrent les forces de la terre.

L'orage se calme alors que nous gagnons la route carrossable, comme pour approuver le fait que nous, profanes, nous soyons éclipsés de ce sol sacré, interdit aux étrangers. De retour à Yazd, nous invitons notre chauffeur dans le restaurant de son choix, en guise de remerciement. Mais, au moment de l'addition, Nana flaire (à tort) une arnaque, et à sa demande nous recomptons à plusieurs reprises à la calculatrice. Notre taxi excédé fini par payer lui-même sa part, déçu du manque de confiance que nous accordons à ses concitoyens. Du coup, sur un malentendu, nous nous quittons un peu "en froid".

Nous arrivons à l'hôtel, Chris et moi, et sommes accueillis par un réceptionniste qui a l'air surexcité et me saute dessus avec un "squiouse me sir, are you sir Pavillet ?», auquel je "Yes sir, I am" avec intérêt ; que me veut ce type ? Il me glisse une mystérieuse enveloppe dans les mains, en s'excusant de ne l'avoir pas fait la veille, lors de mon arrivée, par oubli. Curieux que je suis, j'ouvre le pli sur-le-champ et file directement en bas-de-page : C'est signé "Julien et Amélie les Bretons des Alpages" : mes amis rencontrés à Téhéran ! Ils ont quitté la ville la veille, en direction de Kerman, et me proposent de les rejoindre sur place en me laissant une adresse recommandée (encore et toujours) par le Lonely Planet... Cool !

 

***

 

A Kerman, c'est un agent des chemins de fer qui me réveille. Le train a quitté Yazd vers 5h du matin, et je profitais de la matinée pour en écraser un peu. L'esprit un peu embrumé, je grimpe dans un taxi-Peykan et lance d'une voix volontaire mon adresse au chauffeur, qui m'annonce en langage des signes, au point qu'il en lâche son volant, que l'hôtel qui m'intéresse n'est pas à la hauteur d'un étranger de ma qualité. J'en prends note avec intérêt et lui demande de poursuivre la course.

Effectivement conforme au standard local, à savoir un tantinet crasseux, le petit hôtel est géré par une fratrie ; le manager, cadet de la famille, a l'air d'entamer sa quatorzième année avec une certaine détermination. Évidemment, l'anglais ne fait pas (ou si peu) partie de ses compétences, mais on se débrouille quand même, ainsi j'obtiens après quelques instants un petit mot que les bretons-voyageurs ont laissé a mon attention, et je dépose mon barda dans la chambre méticuleusement rangée qu'ils occupent. Moment d'émotion discret : mes amis sont sortis, mais en pénétrant dans leur chambre, je me rends compte qu'une jonction vient de s'opérer, et que le groupe de ceux, ambitieux, qui ont pour idée d'emprunter le "Balouchistan Express" sont dorénavant réunis pour entamer la phase finale du projet : rejoindre Zahedan... Cool !

Je prends mon après-midi pour découvrir un peu Kerman, une ville encore plus ancienne que Yazd, mais d'importance moindre. Les deux villes ont un peu la même allure, celle des cités du désert aux toits plats et inondées d'une lumière jaune-orangée, couleur du sable et du torchis dont sont construites les habitations basses, serrées le long de ruelles étroites qui prolongent anarchiquement une étoile centrée sur le bazar couvert du centre-ville. Quelques bâtiments plus élevés, en béton et structure IPS peu gracieux, témoignent de la volonté de modernisation des années 70. Et, comme toutes les autres villes d'Iran que j'ai eu le privilège de découvrir, Kerman dispose de son "Azadi Square ", Liberté en Farsi, sorte de rond-point géant en plein centre-ville (rappelons qu'en Iran l'automobile est a l'honneur, carrément un phénomène de société), ici ornementé d'un magnifique globe terrestre que picorent trois colombes. De la paix, of course. Ben voyons !

 

Le soir, je retrouve enfin Julien et Amélie, nous échangeons nos aventures récentes devant un fast-food dégueulos à la mode iranienne. De retour à l'hôtel, nous tombons nez à nez sur Karl, un Allemand chercheur en chimie à l'université de Téhéran et présentement en vacances. Il se trouve que j'ai déjà rencontré Karl quelques jours plus tôt à Yazd. Nous planifions pour le lendemain une excursion pour le désert tout proche.

Comme à Yazd, nous optons pour la location d'un taxi pour nous rendre dans une oasis, à une heure de route. La météo n'est pas très bonne, mais les routes mouillées ne semblent pas impressionner le driver outre mesure. A la sortie de Yazd, nous quittons la route principale au profit d'une plus étroite qui, au loin, s'évanouit dans une barrière montagneuse. Nous avons le loisir d'observer des couches rocheuses multicolores, très jolies, mais rien en comparaison du trésor, véritable joyau minéral que nous découvrirons quelques jours plus tard, juste avant d'atteindre Zahedan. Une fois l'obstacle franchi, la route s'allonge de nouveau dans le désert. Au loin, un îlot de verdure émerge de cette mer de sable : nous voici à destination.

 

On ne peut pas dire que la population locale nous réserve un accueil princier. Nous sommes dévisagés dès notre arrivée, par des groupes d'hommes désœuvrés. Les femmes sont toutes cachées sous leur tchador et feignent de nous ignorer. Karl, qui a quelques notions de Farsi, tente de négocier la location d'une autre voiture avec chauffeur pour la demi-journée, mais impossible de tomber d'accord sur un prix. Pendant ce temps, d'autres hommes arrivent et nous observent du même air un peu hostile. Amélie n'est pas très à son aise dans ce village qui semble vraiment coupé de la civilisation, sous contrôle plus ou moins mafieux et où le poids de la tradition semble oppresser les individus, plus spécialement les femmes. Même accueil glacial dans le petit marché où nous achetons de quoi grignoter pour la journée : nans, fromage, fruits.

 

Heureusement Karl et Julien finissent par tomber d'accord avec un jeune-homme-à-Peykan. Ouf ! Nous allons pouvoir nous éloigner quelque peu de ce qui a tout l'air d'un nid de couleuvres. Avec le recul, les palmiers et le village forment une tache vert sombre sur le désert lumineux, on dirait une photo surexposée. Après quelques minutes, nous atteignons un caravansérail abandonné qui a été partiellement restauré. Quelques jeunes profitent du petit canal qui traverse l'ouvrage fortifié. Jadis, ce lieu servait à abreuver les bêtes et les hommes qui composaient de grandes caravanes, s'arrêtant pour la nuit dans leur long voyage, pour se mettre à l'abri des brigands et autres tempêtes de sable. Aujourd'hui l'endroit est des plus paisibles, et nous passons un petit moment à explorer les différentes ailes de la structure. Puis, notre jeune chauffeur - à l'égard duquel nous restons assez méfiants - nous drive un peu plus loin dans le désert, où nous pouvons contempler et photographier à loisir l'immensité et le vide. Sur le chemin du retour, il nous invite à prendre le thé dans la ferme familiale. Trois générations cohabitent dans cette petite masure d'un étage, couleur sable et à peine meublée. L'accueil est très chaleureux. Une fois à l'intérieur, nous prenons place sur des tapis, tout autour de la pièce. Il y a trois sœurs, qui ne portent pas de tchador. Deux mondes se rencontrent ici : le vieux monde rural traditionnel, familial, où tous vivent sous le même toit et participent aux travaux des champs éreintants d'une agriculture à faible rendement, et le monde du "progrès", qui habille les femmes presque à la dernière mode de Téhéran, et met à leurs lèvres quelques mots d'anglais. Car deux des trois sœurs ont étudié, et toute la marmaille est scolarisée. Dans le coin de la pièce, un ordinateur qui diffuse des clips vidéo témoigne d'une ouverture sur le monde occidental, et d'un accès à la modernité qui contraste fortement avec l'apparence de la ferme et son isolement géographique. Car nous sommes au beau milieu du désert.

Ces dames nous invitent à manger, mais étant au fait d'une ancestrale coutume perse, nous refusons comme il se doit. Pas sur que ces gens aient de quoi nous nourrir sans puiser dans des réserves alimentaires qui leur sont peut-être cruciales. La proposition est réitérée, nous refusons une seconde fois. Si cette famille avait réellement disposé de suffisamment de nourriture pour nous offrir le repas sans se priver, alors les femmes auraient formulé leur proposition une troisième fois, et dans ce cas seulement, comme l'exige la tradition, nous aurions accepté.

Après avoir bu en thé en écoutant le dernier tube de pop iranienne à la mode, et en essayant de communiquer avec la famille - car il ne semble pas y avoir d'opposition particulière a ce que nous parlions avec les femmes, qui, seules, comprennent un peu d'anglais- nous sortons sur l'arrière de la ferme, pour faire une belle photo avec les nombreux enfants, entre les bananiers, en souvenir de cette heureuse rencontre...

La journée se déroule tranquillement. De retour à l'oasis, nous flânons un peu dans l'ancien bazar, qui fut détruit il y a quelques années par une secousse sismique, nous explique un passant à grands renforts de mîmes explicites. Puis nous déjeunons à l'ombre de la végétation abondante et colorée d'un parc, à la mode iranienne : nan et fromage frais. Visiblement, le fromage et l'estomac tombent en désaccord structurel, à moins que ce ne soit l'effet du soleil qui tape dur sur une digestion précoce, toujours est-il que notre ami accuse le coup, étendu sur le banc, incapable de quoi que ce soit. Karl, pendant ce temps négocie un autre taxi pour notre retour à Kerman. Depuis quelques temps, je surveille le ciel qui s'assombrit rapidement. Sur le chemin du retour, celui-ci se fait plus menaçant, de grosses masses sombres se forment rapidement , ce qui a pour effet de faire varier tout aussi rapidement les couleurs excentriques du petit massif que nous traversons, au gré des variations de l'éclairage. Le spectacle est splendide, et offre des tonalités si subtiles qu'aucun appareil photo ne peut les capter.

La route, après une gentille ascension dans un paysage rocailleux, arrive à un petit col et débouche dans une vallée vert fluo cachée au beau du massif aride. La vallée abrite un village de paysans, des champs en terrasse, et des arbres fruitiers. L'agriculture semble bien prospérer, malgré l'exiguïté des terrains fertiles arrachés aux cailloux... Au passage, je me demande d'où provient toute cette eau, où est la source de toute cette vie. Puis la route remonte, et derrière un nouveau col, nous retrouvons la montagne lunaire, aux couleurs plus sobres cette fois. C'est à ce moment que l'orage éclate. Contrairement à l'orage du désert de Chak-chak, qui se déchaînait violemment et crachait de la grêle dès les premiers instants, le ciel semble plus clément : quelques gouttes de pluie et, au loin, des éclairs. Néanmoins, le ciel continue à s'assombrir et la pluie semble aller croissant ... Pour devenir, finalement la manifestation climatique la plus violente qu'il m'ait été donnée d'observer jusqu'à ce jour. Les balais d'essuie-glaces tournent à plein régime, ce qui est loin d'être suffisant pour garder une visibilité convenable, si bien que c'est au pas que nous pénétrons dans Kerman. Très impressionnant. Les rues sont désormais des fleuves, et les piétons qui doivent traverser ceux-ci en sont quitte pour s'immerger jusqu'aux genoux. L'eau de ces fleuves est terreuse, de couleur orange. Je comprends vite d'où provient cette coloration : sous les assauts du ciel, c'est toute la ville qui est en train de fondre... En effet, les murs des bâtiments, composés d'un mélange de sable et de paille, sont littéralement dissous par la pluie diluvienne qui grave sur les murs des sillons verticaux, arrondit les angles et charrie le sable qui s'accumule en petites digues sur les trottoirs. Les parapluies semblent de bien piètres protections contre une telle violence, et les piétons sont nombreux à trouver refuge dans le renfoncement d'une entrée d'immeuble ou l'entrée d'un commerce, tandis que les bagnoles ressemblent à des hors-bords, soulevant sur leurs passages des vagues de part et d'autre, que quelques courageux piétons tentent d'éviter tant bien que mal. Karl, Julien, Amélie et moi restons ainsi un moment, dans l'entrée d'un magasin, à observer silencieusement ce tableau de fin du monde provoqué par le déluge. Et puis, la pluie ne faiblissant pas, mes compères se décident à affronter la cataracte pour s'en retourner à l'hôtel, tandis que je m'en vais de mon côté car il me faut récupérer des négatifs avant de partir le lendemain pour un petit village où nous ferons étape pour finalement atteindre Zahedan.

 

Je ne vous raconterai pas dans quelles circonstances cela a eu lieu, mais il me faut à ce moment rencontrer quelqu'un à Kerman, rencontre qui va s'avérer fort instructive, au moins concernant une frange de la population Iranienne. L'homme qui m'invite à ce moment à grimper dans sa voiture est un dandy, le fils d'un riche marchand, l'une des plus grosses fortunes nationales. A plusieurs reprises, je vais pouvoir me rendre compte que certaines personnes sont au dessus des lois dans ce pays. A peine à bord de la petite voiture japonaise toute neuve, Rahid me propose un "petit verre", et me montre un gobelet pour me signifier qu'il a déjà entamé l'apéro. Évidemment, je commence par refuser la boisson alcoolisée, nous sommes en Iran et pour le voyageur que je suis, la méfiance demeure de mise, même si l'apéro me fait de l'œil ... "Persian Vodka"... D'après mon interlocuteur, l'un des plus vieux breuvages alcoolisé de la planète, celui-là même qui fut le favori de Cirus-le-grand au temps de la Perse antique. Un alcool distillé agrémenté de graisse animale, qui aurait pratiquement disparu à cause des «régimes stupides" au pouvoir depuis des décennies, toujours selon Rahid. Régime qui, apparemment serait plutôt clément avec certaines personnes. A un moment, Rahid me désigne un officier de police et m'explique que cet homme est le chef de la police de Kerman, un ami de son père par ailleurs... Sur ce, il gare la voiture, finit son gobelet et sort pour embrasser, avec son haleine alcoolisée, cet "ami de la famille". En remontant dans la voiture, il se ressert un petit gobelet, et cette fois-ci j'accepte ma ration, pour "finir la bouteille" ... Premier verre d'une longue série qui me conduira jusque tard dans la nuit. En Iran, les jeunes habitent souvent avec leur famille, si bien que tout ce qui est prohibé par la loi (boire de l'alcool, fumer du cannabis ou de l'opium, flirter) se fait "en voiture" ... Donc, nous écumons des bouteilles dans la voiture, tout en écoutant de la pop iranienne et en échangeant quelques propos sur la vie en général... Rahid est très moderne dans sa pensée et son mode de vie, sa petite amie est polonaise. Il pense que les religieux ne devraient jamais se mêler de politique et répète sans cesse "my stupid government" ou encore "this fucking president". Croyant en Dieu mais non pratiquant, il est, comme nombre de ses compatriotes, dingue de culture américaine et fait complètement la distinction entre le belliqueux gouvernement américain (il hait Bush au même titre qu'Ahmadinejad ) et le peuple des États-Unis qui, pour lui, représente l'évolution suprême de la société ... Un discours qui recoupe de nombreux autres que j'ai pu avoir lors de rencontres avec les classes moyennes Iraniennes... Très intéressant. Rahid souhaite rencontrer mes amis Julien et Amélie, mais Julien est toujours malade et mes bretons des alpages déclinent l'invitation pour la soirée. Rahid me guide donc jusque tard dans la nuit, à la découverte des shisha-bar branchés (clandestins ?) de la ville, et de la "demeure" de ses parents, un grand manoir en marbre blanc, cours intérieures, fontaines ... Le garage abrite des véhicules que l'on ne rencontre guère en Iran, petites sportives ou 4X4 de luxe achetés à Dubaï... Tout ceci ressemble très fortement à une mafia, mais je dois reconnaître que je suis traité comme un prince : Rahid, en plus de me payer à boire,et les cigarettes, m'offre le tirage de mes photos, ainsi que des CD de pop iranienne, m'invite au restaurant et me promène dans toute la ville. La grande classe ! Je me couche avec un bon mal de crâne, évidemment.

Le lendemain, Julien est sur pieds, et Rahid nous propose une petite excursion sur les hauteurs de Kerman où nous observons des familles entières pique-niquer et profiter du soleil du printemps. Nous croisons une nouvelle fois le chef de la police, nouvelle embrassade. Puis Rahid tient à nous emmener, à bord de son 4X4 jusqu'à la lisière du désert, là où la végétation cède la place aux immensités sableuses. Le ciel est d'une clarté exceptionnelle. Rahid me demande à intervalles réguliers de lui servir un nouveau verre, lâche un "bless you" tonitruant vide le godet cul-sec et appuie sur le champignon, à 160 sur la file de gauche en obligeant les autres voitures à se rabattre. Mes amis ne sont pas plus rassurés que moi, et m'exhortent de servir à notre Dandy des doses raisonnables, ce à quoi je m'applique... Puis nous sommes invités dans un restaurant de gastronomie iranienne tenue par l'un de ses "amis". Une chance : depuis la Révolution, les restaurants dignes de ce nom ont fermé les uns après les autres, ce qui est bien compréhensible étant donné que tout est interdit en public. Les gens ont finalement arrêté de fréquenter les lieux de convivialité, et la plupart des établissements qui restent sont d'horribles fast-food proposant des hamburgers ou d'abominables pizzas, que l'on mangera accompagnés d'un soda des plus chimiques, le plus connu étant le "thumbs-up", une imitation écœurante du Coca-Cola. Ainsi, la cuisine traditionnelle perse, pourtant réputée, a disparu du domaine public, et subsiste uniquement aux tables privées de ménagères gastronomes. La découverte de cette cuisine dans un vrai restaurant est donc un moment exceptionnel pour les trois français amateurs de bonne bouffe que nous sommes, et nous savourons les mets, à base de riz, épinards, pommes de terre et agneau en sauce. Un régal !

 

Et puis il est temps de laisser là notre Dandy, et de continuer notre route plus à l'Est. Mon ami n'est pas rassuré en apprenant que nous nous rendons à Zahedan, et tente de nous en dissuader. La ville a très mauvaise réputation. Évidemment, je ne l'ignore pas, et avant même d'entreprendre ce voyage j'avais déterminé que cet endroit serait le vrai point chaud ... Néanmoins, nous n'avons pas vraiment le choix ! Nous quitterons ce pays à l'Est, comme prévu. Avant de nous séparer, Rahid inscrit dans mon carnet le numéro de téléphone de gens "influents" que nous pourrions contacter sur place "en cas de problème". Alors que nous grimpons dans le bus et quittons cette ville et notre ami qui semble triste de nous voir partir si tôt, l'orage du jour se déclenche.

 

Toujours plus à l'Est

 

Notre étape du soir est un charmant petit village situé entre Kerman et Bam. Pour une fois, le Lonely-Planet ne préconise aucun hôtel dans la bourgade, pour la bonne raison qu'il n'en existe aucun ! L'un des membres d'équipage de l'autocar nous conduit dans un restaurant qui, selon lui, accepte généralement d'héberger des étrangers sur des tapis pour une nuit. Bizarrement, le brave restaurateur n'a pas l'air chaud-chaud pour nous recevoir cette nuit, mais accepte néanmoins de garder nos sacs, le temps que nous nous baladions dans les ruelles du village et que nous trouvions une autre solution pour la nuit. Justement, alors que nous nous baladons, nous éveillons la curiosité d'un groupe en vacance dans cette partie du pays. Petit détail amusant : à ce moment du voyage, je n'ai plus un seul pantalon digne de ce nom, et faute de mieux, je suis vêtu d'une membrane goretex étanche qui me sert normalement pour faire du ski ou d'autres excursions montagne. Plusieurs membres du groupe ne manquent pas de remarquer la chose, et pour cause : il s'agit de "mountain-climbers", la randonnée étant une activité des plus populaires en Iran. Car, si certains d'entre eux se trouvent être des alpinistes chevronnés, la plupart se contentent de quelques ballades "au vert" pendant les vacances de Norouze. Quelques uns pratiquent l'anglais, mais avant même d'engager la conversation, nous sommes déjà des bêtes de foire à prendre en photo, et notamment Amélie... Néanmoins l'ambiance est plutôt bon enfant et nous ne nous sentons pas agressés par les nombreux objectifs pointés sur nous... Au bout de quelques minutes, nous sommes invités à partager le dîner et avons trouvé un abri pour la nuit. En effet, le gouvernement met les écoles primaires à disposition des associations durant les vacances scolaires pour héberger les groupes de touristes en vadrouille. Plutôt love, non ? Anyway ...

A la nuit tombée, nous sommes donc installés dans l'école avec le groupe qui nous a d'ores et déjà adoptés et entamons le dîner, tous alignés et assis en tailleur le long d'un grand tapis dans le couloir, dans la bonne humeur générale Après le dîner, nous investissons une salle de classe, et à tour de rôle des membres du groupe nous présentent des chants et danses traditionnelles, tandis que Julien interprète un "Dans les prisons de Nantes". Grandiose. Là encore, l'alcool est au rendez-vous, il y a de quoi saouler un régiment russe et même si le breuvage est de qualité très moyenne, tout le monde savoure ce moment de convivialité, dans une joyeuse illégalité de circonstance... Alors que je suis là à contempler le spectacle réjouissant qu'offre ces joyeux perses, je suis entraîné à l'écart dans une autre salle de classe par une certaine Yalda.

Non, ne croyez surtout pas que ça va tourner à la cochonnerie, l'instant est en fait plutôt sérieux... Dans ce pays que je ne fais que traverser avec curiosité, et en essayant de saisir cette merveilleuse joie de vivre malgré le contexte politique bien peu favorable, je vais être confronté à la dureté du régime et la difficulté de vivre sa jeunesse dans l'Iran d'aujourd'hui. Assis en tailleur à même le sol, près de l'estrade, il y a l'un des jeunes du groupe, dont j'avais déjà remarqué l'air un peu triste. Appelons-le Salim. Il ne parle pas anglais, mais Yalda fait la traductrice, et commence par me raconter un peu sa vie, celle d'un étudiant à Téhéran, et l'un des espoirs de l'alpinisme iranien. Malheureusement pour lui, Salim a eu la mauvaise idée d'animer un site Internet politique contestataire, à ce titre il fut arrêté, "jugé" et condamné à plusieurs années de prison ferme. Heureusement pour lui, les prisons sont pleines et archipleines, et il est donc "en attente", en liberté provisoire. Voilà tout du moins ce que j'ai compris de ce récit. Soudainement, je comprends qu'en tant que voyageur, je suis à mille lieux des soucis réels de la vie d'une population bridée par un état totalitaire. J'explique à Yalda que je suis touché par ce récit, mais que je vois mal ce que je pourrais faire pour aider Salim. Ce dernier a pour projet de quitter clandestinement le pays pour se rendre en Allemagne, où il serait sûr d'obtenir l'asile politique : ceci lui a été promis par une ONG. Pour Salim, pas question de passer les plus belles années de sa vie derrière les barreaux. Il est prêt à prendre tous les risques, à mettre sa vie en jeu pour éviter cela. Le projet de passer clandestinement, de nuit, d'Iran en Turquie par les cols d'altitude ou les sommets me paraît un peu ambitieux. Qu'ai-je à voir là-dedans ? Salim attend de moi que je lui fournisse des renseignements sur la frontière. A ce moment, je me sens tout petit. De tout mon cœur, j'aimerais pouvoir aider ce garçon, qui sensiblement a le même âge que moi, et dont l'avenir semble condamné. Mais quels "renseignements" pourrais-je bien lui fournir ? D'autant plus que ladite frontière, je l'ai franchie en train, de nuit, je n'ai rien vu, si ce n'est l'ombre de massifs montagneux que je devinais très hauts, et les nombreuses tours de guet de part et d'autre de la voie ferrée. J'aimerais pouvoir l'aider ... Je me rappelle que j'ai toujours ma carte de la Turquie. J'ai pesté contre cette carte, que j'ai achetée trop précise, et qui par conséquent n'était pas très pratique pour me repérer sur de longues distances. En outre, la dite carte comporte les renseignements topographiques des zones montagneuses. Je lui donne la carte de bon cœur, il la saisit et la manipule comme un trésor, me propose de me dédommager, ce que je refuse évidemment. Nous commençons à l'étudier immédiatement et je fais quelques commentaires sur les régions que j'ai traversées. Le plan est de traverser toute la Turquie à la force des mollets. Il me semble que le projet a peu de chances d'aboutir, tant la distance à parcourir est grande et les embûches nombreuses et probables. Mais Salim n'envisage pas d'autres choix, cette longue marche jusqu'à Istanbul est celle du désespoir, celle de la dernière chance.

Je rejoins le groupe le cœur gros, laissant Salim rêveur, fasciné par cette simple carte qui pour lui symbolise la liberté, la seule voie possible.

 

Tout le monde a l'air de s'amuser, les chants et danses vont bon train, le rythme de la soirée s'accélère à mesure que les bouteilles se vident. Seuls Salim et Yalda ne parviennent pas à être gais. Ou plutôt Salim, Yalda et moi qui à présent partage également ce terrible secret, pourtant presque banal dans ce pays. Du coup, à défaut de participer activement aux festivités, je me concentre sur le vidage de bouteilles. A l'heure du coucher, je prends mon sac de couchage et m'installe à l'extérieur malgré le froid, sur une table de ping-pong. Me voici ivre, pour la deuxième nuit consécutive, en Iran ! Qui l'eut cru ?

 

Zahedan, nous voici !

 

01:59 - dimanche 8 juin 2008 - commentaires {2} - Ajouter un commentaire

Publié par delia

 

10:11 - lundi 24 mars 2008 - commentaires {1} - Ajouter un commentaire

RETOUR

Publié par delia

fermer ou pas fermer ce blog?

question encore ouverte

mai pour l'instant mise à jour

effacement de l'image de noel et

meilleurs voeux pour Paques

02:03 - dimanche 23 mars 2008 - commentaires {2} - Ajouter un commentaire

solitudes transibérinnes hors du temps

Publié par dxontheearth

Texte effectivement écrit lors de mon voyage de Ulan-bator a Moscou, début décembre 2007

Grand moment de solitude.

J'arrive en gare avant le train. Un groupe de jeunes russes, derrière leurs manteaux de fourrure, me dévisagent et se marrent. Je me tape tranquillement une petite bière.

Un policier mongol m'accoste et m'invite à le suivre. C'est au sujet de la bière : consommation interdite sur le quai, réquisition de la boisson.

Le train se pointe tout doucement.

On m'a bien dit et répété que les Russes ne rigolaient guère. Je vais pour m'installer à bord du train, mais l'hôtesse, une dame grande et fine d'une quarantaine d'années (estimation) saisit mon billet, aboie des trucs en russe qui m'échappent, et me désigne du menton une autre place dans une autre cabine qui, me semble t-il, ne correspond pas à ma réservation. Dans le doute, je préfère ne pas m'installer du tout, refoule mon barda dans l'exigu couloir et gagne le quai. Profitons donc de ces toutes dernières minutes à U.B, de l'air froid et sec de Mongolie. Des porteurs chargent les plates-formes de valises, cartons et malles en quantités extravagantes. L'hôtesse repasse devant moi, je lui montre à nouveau mon billet, ce qui l'incite à chausser ses lunettes, pour se rendre compte qu'elle a commis une erreur en me chassant du compart. En guise d'excuses, mesdames et messieurs, j'ai droit à un authentique sourire !! La classe internationale.

Alors que je m'installe, la locomotive émet un long sifflement et le convoi d'une quinzaine de wagons s'ébranle.

À l’exception de la mienne, toutes les cabines de la voiture sont occupées par des femmes très occupées... A défaire des cartons, déballer des vêtements et des vivres. Au vu des quantités, il va de soi que tous ces produits sont destinés à la vente en Russie et non pas d'effets personnels.

A plusieurs reprises, on frappe à la porte, l'une des marchandes souhaitant dissimuler dans ma cabine (n° 17) quelques marchandises frauduleuses telles qu'un vison, une paire de gros saucissons, des contrefaçons de vêtements de marque et j'en passe. Je dois décliner l'offre à plusieurs reprises, ignorant les risques que je prends en me rendant complice de ce marché noir. Mon refus de collaborer irrite un chouilla les mamas-marchandes du dimanche, et spécialement l'une d'entre elles qui finit par ouvrir sèchement la porte sans frapper et en me jetant un regard noir, puis faisant fi de mon existence entreprend de décharger sur les couchettes un sac bourré de bottes, manteaux, chemises à carreaux, écharpes (en laine de yak semble t-il) et encore d'autres trucs. Par magie, ma souriante hôtesse passe à ce moment, je lui désigne (bien calmement) la tentative d'occupation illicite de la cabine par des objets qui ne m'intéressent en rien, lui indiquant de fait mon refus de coopérer par passivité. Bref...

L'employée des chemins de fer Russes (probablement mère de famille par ailleurs) donne un coup de main à la mama-au-regard-noir pour rassembler sa camelote, tandis que cette dernière vocifère contre moi des trucs en Russe que je ne cherche pas vraiment à comprendre, amusé quelque part de constater que l'hôtesse n'a pas vraiment d'autre choix que celui d'être complice de ce « trafic ». En effet toutes les mamans de cette voiture ayant fait quelques « courses » à Ulan-Bator avant de franchir la frontière Russe, les douanes immobiliseront le train pendant des lustres si des colis entiers de marchandises ostensiblement destinés au marché noir sont découverts en nombre dans la rame...

Ainsi, madame Hôtesse-sourire est très occupée à des tâches étonnantes, étant données ses fonctions. Et j'observe avec le plus grand intérêt la danse de la dame en uniforme vert (et casquette) qui passe et repasse, arpentant le couloir, les bras chargés tantôt de volumineux sacs d'emballage (à évacuer du train avant la frontière), tantôt de marchandises diverses à répartir intelligemment entre les comparts, dans une atmosphère d'urgence, et avec beaucoup d'énergie... Ouf !


Le train est immobilisé pendant quelques heures pour les formalités frontalières.

C'est rapide côté mongol, tandis que les Russes prétendent à leur légendaires suspicions pendant un temps que l'on ne compte pas (c'est illégal). A trois reprises je dois quitter la cabine pour que des douaniers (qui ressemblent a des soldats) puissent se livrer à des fouilles, opération qui fait un tapage conséquent. Les plafonds sont démontés, comme tout ce qui peut l'être, et pour le reste j'entends les types qui cognent contre les cloisons pour vérifier qu'elles soient bien creuses (!) tandis que je perçois des va-et-vient sur le toit du train, et distingue à l'extérieur le bal des faisceaux de s torches électriques illuminant le châssis et les recoins de la rame. Très impressionnant tout ça, croyez-moi, ça a l'air très sérieux. Si bien que j'en viendrais presque à me sentir coupable de me trouver là, dans cette atmosphère aux relents soviétiques où la présomption de culpabilité est la règle.

Mais personne ne songe à ouvrir mon sac ! C'est ainsi...

Les femmes, dans les cabines environnantes se font houspiller (un peu) par les officiers des douanes. Apparemment, toute une affaire.

Et je tente de trouver un peu de sommeil, seul dans ma cabine obscure, confortablement installé sur l'un des matelas à dérouler et oreiller en plumes fournis par la compagnie. Vers une heure et demi, le train repart enfin. Après seulement quelques minutes, une des mamas surgit dans le compartiment pour récupérer quatre énormes saucissons qu'elle avait (a mon insu) ingénieusement pendus derrière les rideaux, et qui ont échappé à trois fouilles successives. Bravo Mama !

Enfin je m'endors pour de bon, et en Russie s'il vous plaît !

J'ouvre les yeux sur une lumière un peu rouge, celle d'une aube glacée au ciel sans nuages. La neige, évidemment, fait toujours partie du décor. Et le train arrive en gare. Probablement Oulan-oudé, sur la rive sud-est du Lac Baical (soit dit en passant le plus grand réservoir d'eau douce de la planète). Je vais pour sortir sur le quai, ce qui est momentanément impossible étant donné que les plates-formes de la voiture sont présentement affectées à une tâche qui m'évoque les chemins de fer des temps anciens : voilà l'effet charbon. Des agents de la gare, équipés de pelles et de seaux chargent une chaudière au charbon utilisée pour le chauffage de la voiture, tandis que sur le quai, dessinant deux sillons sur la neige qui tapisse le quai, un tracteur s'avance pour décharger le combustible devant chaque porte.

L'opération achevée, je descends sur le quai. La gare a l'air d'avoir été retapée il y a peu, du moins une couche de peinture verte qui semble récente et contraste avec le style architectural des bâtiments (ou plutôt son absence), soviétique. Des agents du train remontent la rame, d'essieu en essieu, en leur tapant dessus au passage avec une petite masse, dans le but de libérer les pistons et les mâchoires de frein de la glace qui s'est accumulée là. Ça fait un bruit de percussion, un rythme métallique destructuré qui accompagne admirablement les voix hurlantes dans les haut-parleurs du quai - des trucs en Russe, à l'attention des voyageurs (voix féminine), ou des cheminots (voix masculine) L'horloge principale indique trois heures et quelques, en contradiction notoire avec le soleil qui lui en clame au bas mot six de plus. La raison de ce désaccord : l'horaire qui a court sur tout le réseau ferré Russe est fixé sur le fuseau de Moscou.

C'est à ce moment là, en observant les bobards de l'horloge, que naît en moi pour la première fois un sentiment, une impression de me trouver hors du temps, ou peut-être de passer à travers lui, sans frottement. Une impression qui va se poursuivre au long de ces 5 jours et quelques milliers de kilomètres vers l'ouest, ces 5 jours « à bord ».. En effet, quelle que soit l'indication de temps qui puisse être donnée à bord du train, celle-ci est forcément erronée étant donné que nous traversons cinq fuseaux horaires et que l'heure en cours change continuellement. Plus précisément : une heure se perd chaque jour. Ce sentiment est par ailleurs bien différent de ce que ressent éventuellement un passager du transport aérien au long court, qui lui, saute d'un temps à un autre, et se retrouve donc entre deux temps pour seulement quelques heures. Le passager du transsibérien, lui, se retrouve ainsi à traverser le temps, jour après jour, nuit après nuit, pendant une petite semaine. Plutôt déroutant. L'environnement linéaire-confiné du train qui, à intervalle régulier, offre une brève relation avec un environnement externe (et glacial) au gré des arrêts en gare, synapse entre un milieu figé dans le temps et l'espace et le train qui leur échappe, se jouant tout à la fois de ces deux réalités, le contraste est perturbant, surtout en y ajoutant l'effet « mal de terre », un léger trouble de l'équilibre ressenti sur le sol immobile après des heures passées sur un plancher en mouvement.. La magie de la Russie, pays grand comme un continent, opère ici....

Après avoir constaté que la voiture s'était vidée de la plupart de ces occupantes à Ulan Udé, hop ! Je me rendors.

Et me réveille, quelques heures plus tard, à temps (!) pour observer les eaux noires du lac Baical qui s'étendent jusqu'à l'infini. Le contraste est saisissant : A gauche (dans le sens de la marche) la neige recouvre de son manteau (blanc) des reliefs harmonieusement arrondis, tandis qu'a droite, les eaux sombres du lac absorbent toute lumière sur sa surface parfaitement plane. Pour profiter au mieux de cette vue spectaculaire, je jette mon dévolu sur le wagon restaurant.

On m'a dit et répété que les Russes n'avaient pas un mot d'anglais et que les restaurants disposaient uniquement de cartes en cyrillique. Le type du restau m'accoste effectivement en russe et me propose une carte en hieroglyphes.... Du coup je fais simple et efficace : de l'index je désigne une bière et un paquet de chips en vitrine. Un miracle se produit alors. « Maybe Sir you would prefer english menu to order something serious to eat ? » Incredible, soit-disant. Du coup, je me tape une de ces tranche de saumon !! sur pommes-de-terre sautées (avec amour) !


Plus on avance vers l'Ouest, plus la couche de neige s'épaissit. Le paysage est plutôt monotone : depuis deux jours le ciel est blanc, il neigeotte gentiment et nous naviguons sur la voie tracée dans une interminable forêt de boulot, entrecoupée ça et là par des surfaces agricoles ou un village, et de temps à autre la tenue orange fluo des très nombreux agents qui travaillent sur les voies rompt un peu cette monotonie forestière.

Je suis toujours plongé dans « Hard times » de Dikens qui dépeint des personnages plus tristes les uns que les autres, pauvres comme riches, sur fond de misère sociale et cheminées d'usines crachant leur poison dans l'Angleterre industrielle du 19eme siècle. Lecture des plus culturelle certes, mais un tant soit peu soporifique et, toujours perdu dans la solitude, et hors de l'espace et du temps, je sombre régulièrement dans des phases plus ou moins longues de sommeil, ce qui entérine la perte des repères. Et, s'il fait grand froid (de canard Russe) dehors, les voitures sont chauffées à bloc (et au charbon), j'en ai le sommeil perturbé. Et puis c'est assez bizarre de vivre en short et marcel sur un paysage du Monde des Glaces. J'en fait des rêves étranges, dans un univers en mouvement, ou se fondent les vies imaginaires de ma vie en rêve, et se tord la linéarité du temps. Que viennent faire ici mes amours passées, et Louisia, la pauvre petite mariée de force à l'horrible Mr Bounderby, en pleine révolution industrielle ? Et pourquoi tout ce petit monde est-il vêtu à la dernière mode de Lahore, Pakistan ? Et comment sortirons-nous tous indemnes de cette tempête de neige et de sable qui fait rage ?

Une voix qui vocifère des trucs (toujours en Russe), mais que je prends pour moi, me tire de ces réflexions métaphysiques. J'ouvre les yeux sur la nuit noire, dans un monde à l'arrêt dont le temps reste exclu.

Sur le quai je plaisante un peu avec les feux des lumières de manoeuvre, m'essayant à la photographie non-figurative. Il y a là quelques hôtesses et stewards du train, dont ma chère hôtesse, qui avait mystérieusement disparu, et qui présentement est de corvée de freins, s'activant sur le manche de la masse qui semble bien trop lourd pour elle, le dos plié en deux pour atteindre la glace qui gêne les mâchoires. Les autres, majestueux dans leurs uniformes de la compagnie, et coiffés de l'éternel bonnet à fourrure noire et oreillettes sont là, en cercles, à fumer des cigarettes et à plaisanter joyeusement... Allant même jusqu'à jouer au jeu des baisers russes ! Surréaliste. Puis le siffler de la locomotive retentit, tout ce petit monde remonte à bord, laissant le quai désert jusqu'au passage du prochain train. Je regarde ma cabine, avale un sandwich sardines-cornichons-mayonnaise et reprend ma lecture. De temps à autres, je suis ébloui par les phares d'une Trabant immobilisé à un passage à niveau, et me rendors tranquillement.


Environ 24h encore à passer dans la solitude de ma cabine trans-sibérienne.... Toutes mes bouquins sont lus, mes vivres sont épuisées, le paysage n'en finit plus d'être forestico-monotone. Des forêts cristallisées par le givre. Déjà quelques 4000 km que la neige fait partie intégrante du décor. Il me semble que la couche s'épaissit avec notre progression vers l'Ouest. De temps à autre, une ville et ses lumières émergent de la foret pétrifiée par la glace. Ces localités habitées sont toujours annoncées par des zones industrielles extensives, avec leurs cheminées fumantes, leurs enchevêtrements de voies ferrées, leurs immenses entrepôts faits de briques et de verre. Tout cela a un petit air de 19eme siècle, mais est bel et bien vivant. Peu à voir avec nos tristes friches industrielles et leurs voies ferrées rouillées et désaffectées, englouties par la nature, avec leurs entrepôts en ruines aux vitres brisées, avec leurs passerelles et structures rouillées. Non. L'industrie bien que vieillissante, a l'air alive, et il ne s'en dégage pas cette atmosphère un peu morbide que l'on peut parfois ressentir aux abords des grandes friches d'Europe.

Qu'est-il produit ici ? L'histoire ne le dit pas, bien sûr, ou alors en cyrillique. Mais les cheminées fument, les wagons sont bourrés de matériaux, et les parkings des usines pleins de bagnoles. Bref : Ça semble tourner à peu près rond.

Une nouvelle fois, je me réveille en plein milieu de la nuit, alors que le train s'engage lentement dans une gare immense. Au delà des bâtiments ferroviaires, il me semble apercevoir une grosse agglomération à l'architecture angulaire, et un instant je crains d'être (enfin) arrivé à Moscou, mais d'en avoir raté l'approche.... Toujours ces rêves étranges, et cette sensation collante d'être perdu quelque part dans le temps,, d'être avalé par l'immensité de la Russie. Je me décide à tâter un peu du froid du quai, mon cerveau ayant peut-être besoin d'être confronté à la réalité, celle du froid piquant, pour choisir entre état de somnolence et de conscience, pour se re-situer dans l'univers. Il y a là des échoppes ouvertes H24, tenues par des Russes emmitouflés dans leurs fourrures, et quelques autres zombies, fumant des cigarettes dont l'épaisse fumée semble stagner dans l'atmosphère glaciale, s'activant mollement aux diverses tâches de cheminot. Encore et toujours, après m'être ravitaillé à l'un des bungalow du quai de quelques sachets de poissons séchés, bières et cigarette (le « kit d'urgence Transsibérien »), j'assiste au remplissage des chaudière à charbon, dégivrage à la masse des cylindres de frein bloqués, messages de services sous forme vociférés par hauts-parleurs, plaisanteries (en Russe) d'agents fumant des clopes en cercles fermés sur le quai.

Le thermomètre public nous proposait -9°, tandis que l'horloge annonçait (sans délicatesse) minuit - C'est à n'y rien comprendre, m'étant couché des heures après la tombée de la nuit. je ne cherche pas. Demain, nous seront à Moscou. Demain, je mettrai les pendules à l'heure.

En attendant, bien réveillé mais toujours déboussolé, je regagne ma cabine, seul. Sifflet de la locomotive. Disparition des lueurs de la gare. Puis de la ville. Et, de nouveau, nous voilà plongés ailleurs, dans l'immensité blanche, glacée, régulière à outrance. Je m'en retourne à la dernière distraction qui me reste, dans ce train et à cette heure. Assis sur l'un des strapontins dans le couloir, j'observe, sur le tertre aux abords de la voie - surface neigeuse lisse - les projections des lumières s'échappant de l'habitacle, dessinant des formes mouvantes et aléatoires, train fantomatique et éphémère. Distraction poétique s'il en faut.

Demain, Arrivée en Europe. Back in Europe !

Demain, Moscou.

 

01:56 - mercredi 20 février 2008 - commentaires {7} - Ajouter un commentaire

me revoilà..

Publié par delia
un peu de paresse, un temps de repos, un temps sans voyage, une dispute avec le code htlm qui nem'aide pas à changer mon camping car de noel...

09:27 - vendredi 25 janvier 2008 - commentaires {1} - Ajouter un commentaire

fin d'annèe et commencement

Publié par delia
Feux d'artifice sur Roma
 
Bonne annèe à tout le monde! 
 
 
 

07:41 - 2/01/2008 - commentaires {1} - Ajouter un commentaire

Castro dei Volsci

Publié par delia

30 dicembre 2006

Castro dei Volsci, Frosinone 

 


Visualizzazione ingrandita della mappa

 

Il s'appelle Le village devient crèche

et c'est bien la verité!

Chaque cave, chaque  habitant repropose un coin de vie rurale , comme on utilise pour les chreches dans la tradition italienne.

 

le fabriquant de souliers Le ciocie 
 
 
fila la lana....
 
zampognari
 
 
pane e salame
 

 

07:15 - lundi 31 décembre 2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaire

Publié par delia
Buon Natale
une image un epu flou...mai j'aime ça 

08:09 - 25/12/2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaire

Joyeux Noël!

Publié par delia

PAIX EN TERRE

 

Les photos publiées ici sont hebergées sur Flickr

08:04 - mardi 25 décembre 2007 - commentaires {4} - Ajouter un commentaire

Calendrier actif

Publié par delia
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09:58 - dimanche 16 décembre 2007 - commentaires {6} - Ajouter un commentaire

Zampognari

Publié par delia

 

 

 

Sont les bergers italiens qui à l'aide de leur instrument fait de la peau du brebis, annonçaient l'entrée dans le temps de Noël.

 

Les zampognari,tipyques de certaines regions, comme l'Abruzzo e il Molise sont desormais de plus en plus rares. A del achnce qui les rencontre car l'atmosphère de la fête la donnent de façon magique. 

Foto di Leo Catozzella

10:58 - samedi 15 décembre 2007 - commentaires {1} - Ajouter un commentaire

Mon sapin decoré

Publié par delia

09:44 - samedi 8 décembre 2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaire

Hundertwasser

Publié par delia

Hundertwasser c'est un architecte gènial

Il utilise la couleur et les espace ausssi que les materiaux suivant une philosphie bien particulière,et vous pouves avoir reinsegnement sur son style ici .

On ne puvait pas manquer ce style parmi nos petites fenetres...

 

07:17 - jeudi 6 décembre 2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaire

Voyages extraordinaires

Publié par delia

Aujourd'hui cette fenetre de calendrier s'ouvre sur une belle experience personnelle

j'ai veçu cela, une salle pour redoubler la bande sonore d'un documentaire .


Ma voix qui vit dans le visage d'un autre

Ou mieux je donne la parole dans une autre langue à qeulqu'un.

Et tout cela c'est une action bènevole dans le cadre d'un projet Unicef

concernant les enfants de rue au Congo.

Alors c'est là qui vous dirige ma 14me fenetre.....

14 dicembre, una nouva finestra sulla mia prima esperienza di doppiggio, della quale parlo perchè si è trattato di una prestazione di volontariato per l?unicef nella realizzazione di un documentrio sui bambini di strada in Congo

Ed è dunque su questo progetto che voglio dirigere l'apertura della mia finestrina,

anche facendovi conoscere

il libro scritto su questa esperienza

in attesa della distribuzione del dvd con il documentario...

 

10:43 - mercredi 5 décembre 2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaire

recette

Publié par delia

Biscotti alla cannella  Stelline alla cannella  Zimsterne

 

120036.gif

 

Ingrdienti   Ingredients

Mandorle / Amandes 1 kg

Zucchero /Sucre Kg 1  

Chiare d’uovo /blancs d'oeuf   12

cannella / cannelle  20 gr

Buccia di limone   zeste de citron

 

 

Mescolare chiare, zucchero buccia di limone e cannella per quindici minuti.

Mettere da parte circa un quarto dell’impasto e nel rimanente aggiungere le mandorle tritate.

Si otterrà una pasta che una volta sul piano di lavoro richiederà un po’ di farina. Infarinare con cura il piano di lavoro e stendere l’impasto. Tagliare con forma di stelle ,anche di misure diverse.

Spennellare al superficie dei biscotti con la  glassa tolta in precedenza, prima di infornare.

 Bien melanger pendant 20 minutes,sucre citron et cannelle.

Mettre à coté  environ 1/4 de la crrème obtenue. Ajouter les amandes hachées.

Vous obterrrez une pate qui ne doit pas etre trop moue. Si nècessaire ajoutez del a farine.

Preparèr la table avec de la farine étaler la pâte et couper en  formes d'étoile. 

Avant de les mettre au four étaler la pâte enlevée au débout sur les biscuits ,avant de faire cuire

. PAs trop car ils deviennent durs!

 

 


 

 

 

 

 

12:11 - lundi 3 décembre 2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaire

Publié par delia

Lors de mon dernier voyage à Paris j'ai eu la chance de voir ce ciel. Le noir de la nuit d'en bas,le noir de la nuit d'en haut...et au milieu....le coucher du soleil , l'arc en ciel qui prenait topute la courbe du ciel, ce ciel qui nous rassemble nopus couvre, ce ciel que nous partageons, chaque jour chaque nuit......

 

 

 

Les photos publiées ici sont hebergées sur Flickr

11:12 - lundi 3 décembre 2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaire

Publié par delia

Les photos publiées ici sont hebergées sur Flickr

Cliccate sul pacchetto Cliquez sur le paquet Click on the picture

la photo est de claudiannicarone

12:00 - dimanche 2 décembre 2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaire

Il panettone

Publié par delia

En Italie on mange le panettone, un gateau lévé longtemps, parfumé et eicé qui est une vraie delice quoi! MAis pas du tout facile à faire....

En voici les ingrdients

Dosi per 4 panettoni:

pour 4 panettone 

600 gr di farina,

600gr de farine

110 gr di lievito naturale,

110 gr de levain naturel
5 gr di lievito di birra,

5 gr de levure
120 gr di zucchero,

 

120 gr de sucre
3 cucchiai di miele,

3 cuiillierees de miel

190 gr di burro,

190 gr de beurre
8 tuorli di uovo,

8 jaunes d'oeuf
150 gr di uvetta,

150 gr de raisins
50 gr di arancia candita a cubetti,

50 gr d'orange confit coupé en  morceaux

5 gr di sale fino,

5gr de sin sel 

(N.B.: per la lavorazione occorrono 50 gr di farina e 20 gr di burro 50 gr de farine et 20 gr de beurre se consomment en plus pendant la préparation).

 

10:09 - dimanche 2 décembre 2007 - commentaires {0} - Ajouter un commentaire

Publié par delia

Lebkuchen (biscotti al miele)

 

 

Lebkuchen (biscotti al miele)

 

Ingredienti

Miele Kg 1,5

Zucchero  grammi 500

Burro grammi 80

Nocciole tritate grammi 300

Farina Kg 1,5

Canditi misti tritati fini

I punta di chiodi di garofano tritati

1 bustina di lievito

 

In un tegame capiente mettere miele e zucchero. Mettere sul fuoco e far scaldare finché non fa il filo. Togliere dal fuoco e aggiungere tutti gli ingredienti mettendo per ultima la farina mescolata al lievito.

Lavorare in principio con il cucchiaio di legno poi cominciare ad impastare con le mani (appena la temperatura lo consente) e mettere la pasta sul piano di lavoro ben infarinato.

Tenere sempre a portata di mano la farina perché bisogna aggiungerne spesso.

Impastare con cura e quando la pasta è pronta lasciarla riposare anche per un paio di giorni, così dice la ricetta, però spesso io la lavoro subito altrimenti diventa durissima.

Tagliare con le formine e cuocere al forno. Si possono spennellare con un po’ di glassa o cioccolato fondente sciolto a bagno maria.

 

     

   

 

 

 



 

09:24 - samedi 1 décembre 2007 - commentaires {1} - Ajouter un commentaire

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Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage. -Marek Halter-

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